Romans

Histoire de Marie Vallier

Marie est une jeune orpheline, élevée par une famille de braves gens dans un petit port du nord de la France. Jolie et innocente, elle refuse les brutalités de la vie, imagine la sienne comme un conte de fées, auquel elle rêve dans ses longues promenades au bord de la mer. Et c’est bien un conte qui lui arrive, semble-t-il, quand, placée chez le juge Parinet, elle découvre le confort et le raffinement d’une existence bourgeoise, vouée au rituel de la beauté, parmi les objets d’art, les meubles anciens et les reliures précieuses. Choyée par la famille, Marie deviendra bientôt la fille de la maison, sur qui on fonde de grandes espérances. C’est à peine si elle pense encore au jour funeste où, sur la plage, un garçon l’a agressée naguère, auquel elle a résisté de toutes ses forces.

S’agit-il d’un rêve ou d’une réalité ? Devra-t-elle se rendre à l’évidence, la pauvre Marie, quand elle se verra chassée de son paradis, reniée par ses bienfaiteurs et renvoyée à l’assistance, au milieu des filles perdues ? Comme la petite sirène d’Andersen, Marie Vallier n’a pas de quoi respirer dans le monde des hommes, et c’est vers d’autres rivages qu’ira se perdre sa destinée.

Dès son premier livre, Michel Versant a su retrouver les vrais chemins de la création romanesque, nourrie d’émotion et de tendresse.


La Double Vie d’Isabelle De Lange

Un homme peut-il, par amour fou, devenir celle qu’il a aimée et qui est morte dans ses bras ? Fille du comte de Lange, Isabelle est adolescente quand la Révolution éclate. Réfugiée en Allemagne durant la Terreur, elle revient en 1806 prendre sa place dans la société parisienne. Sa famille, les amis de son père sont décimés. Partout, elle est accueillie, fêtée, reconnue… Mais la comtesse de Lange n’est plus Isabelle, morte à Hambourg : son amant s’est substitué à elle.

Cette extraordinaire imposture est authentique. Née d’un amour exacerbé mais peut-être aussi d’un intérêt bien pesé, elle abusa les plus grandes familles. Louis XVIII, Fouché, Talleyrand, Napoléon III s’y laissèrent prendre.
​Longtemps dissimulée, l’affaire ne fut révélée qu’à la fin du siècle dernier. À travers les fastes, les plaisirs d’un royaume crépusculaire, puis dans la terreur, l’exil, la passion, deux êtres se sont rejoints, confondus pour un retour inattendu, une présence étrange dans les allées du pouvoir, dans les amours secrètes.


Le Parchemin du Ciel

Du virtuel au réel

En peignant les lettrines de l’Apocalypse, un jeune moine allemand Hénoch découvre qu’il a le don de faire vivre les images. Réchappé miraculeusement de l’incendie criminel de son monastère, il rencontre dans l’hôpital où il est soigné un blessé du nom d’Hacha (surnom d’Hitler) qui, désireux d’entrer à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne pour devenir artiste-peintre, lui demande quelques cours. Saisissant l’intérêt que représente l’imagerie animée de ce moine pour la réussite de leur projet politique, Hacha et ses disciples le poussent à créer la structure victorieuse d’un héros, futur dirigeant de la Cité divine. Le moine refuse. Cette Cité serait satanique. Dans l’espoir de le discréditer définitivement aux yeux de tous, il fait donc du héros une peinture sarcastique et grotesque. Mais joue-t-on avec les formes obscures et rampantes d’une ambition quelle qu’elle soit ?

Fiction romanesque née d’abord d’une imagination et d’intuitions purement littéraires, nourrie ensuite de nombreux documents historiques mettant en valeur les aspects juridiques, politiques, philosophiques et religieux du nazisme, elle n’a voulu éliminer aucune interprétation dérangeante, aucune révélation troublante ou inattendue.
La proximité de monstres sanguinaires et sadiques dans l’univers quotidien du narrateur est à rapprocher des théories de l’inséparation ou de l’altéricide dans lesquelles baigne résolument notre époque. 


Les sept reflets de l’âne Palladium

Du virtuel au réel

Un homme peut-il devenir un âne ? Apulée dit que oui. Bottom le songeur, aussi. « Par accident ! disent-ils, non par choix ou désir ». Mais un âne, chers amis le voyez-vous en homme ? Habillé comme nous ? Empereur ? Chef d’Etat ? Je réponds oui mes frères. Palladium qui fut âne est un homme parmi nous. Une bête de scène infatigable ! Ne croyez pas qu’il en soit fier !
​Conservateur ou libéral, transhumaniste ou Assinien, du siècle où il se trouve il ne cherche en fait qu’une seule chose : retrouver sa peau d’âne, être un âne intégral ! Y réussira-t-il ?


Le lien perdu

​Près de cinquante deux ans après s’être suicidée auprès du lavoir familial, Anna revient une nouvelle fois sur les lieux de sa mort pour essayer de comprendre son geste ou du moins le sens des 26 ans qu’elle a passés sur la terre.

Evoquant de nombreux souvenirs, participant silencieusement à de lointains débats familiaux, elle questionne, s’interroge, n’ayant finalement un début de réponse qu’à la fin de l’enquête, en revivant sa mort.

La philosophe Gilles Deleuze aimait à dire que le rêve de quelqu’un qui rêve concerne avant tout ceux qui ne rêvent pas. Il répétait qu’il ne fallait jamais être pris dans le rêve de l’autre sous peine d’en devenir la victime.

Anna a-t-elle rêvé ? S’est-elle pris les pieds dans son rêve ? A-t-elle vécu une autre vie ? Lui a-t-il manqué au contraire un rêve ?

Inspirée d’une histoire véridique, la vie d’Anna qui se déroule en Bretagne dans les années 60 doit se comprendre comme le point de vue original d’une morte revenue quelques heures au milieu des vivants pour assumer les diverses contradictions d’un passé difficile, contradictions et points de vue qui lui ont jadis échappé.